Journal de bord

Mercredi 3 décembre 2014 : naissance

Bon, pourquoi ne pas avoir moi aussi un blog. Pourquoi n’y aurait-il que les jeunes trentenaires avec enfants à entrer dans la blogosphère ? J’ai presque le double de leur âge, je suis plutôt obèse (mais je me soigne) et du coup je n’ai pas un corps de rêve. Mais j’entends vous raconter mon combat de tous les jours pour chasser les kilos, pour trouver des vêtements pas trop moches et qui m’aillent. Mon but, c’est de vous donner quelques trucs et astuces pour durant l’hiver qui s’annonce arriver à livrer un combat à la fois contre les kilos et contre l’ennui. Qu’en dites-vous ? Allez, c’est parti.

Jeudi 4 décembre : mauvais départ

Yikes!Théoriquement, j’ai démarré mon régime. Mais cela a mal commencé. Ce matin, il n’y avait plus de pain et j’ai commencé la journée par un café noir avec des petits gâteaux. Bon, ce n’est pas top. Mais on fait avec ce que l’on a. Je serai plus sage ce midi. Je mange au boulot et j’ai emmené un plat tout préparé. Il faudra un de ces jours que je regarde tout de même s’il n’y a pas trop de sel ou autres bêtises dans ces plats préparés. Avec cela, je mangerai quelques yaourts. Histoire de me caler un peu avant le dîner du soir que je prends vers minuit, en rentrant du travail. Le moment de tous les écarts. Et puis, il y a le creux de 19 heures. Courageusement, je me contenterai encore d’un yaourt.

Vendredi 5 décembre : écart

Finalement, la journée d’hier avait mal commencé. Elle s’est mal terminée en ce qui concerne mon régime. Le midi, j’ai bien mangé mon petit plat préparé. Mais j’ai succombé quand une de mes collègues m’a offert un petit macaron. Il faut dire que j’étais contrariée.  Et quand je suis contrariée, je compense.  Et puis, vers 18 heures, nous avons fêté le départ à la retraite d’un collègue. Et là séquence émotion. Et une fois de plus, je me suis jetée sur les petites verrines, préparées par sa fille. Il faut dire qu’elles étaient très bonnes : verrines saumon-petite fondue de poireaux, verrines compote de poire-foie gras… Du fait maison, délicieux. J’ai quitté le travail vers 23 h 20 et une fois rentrée à la maison, vers minuit, j’ai succombé en prenant un morceau de fromage, un thé et quelques petits gâteaux. Bref, un mauvais début de régime.

Aujourd’hui, vendredi 5 décembre, je vais tenter d’être plus sage. Le petit déjeuner s’est une fois de plus composé d’un café noir et de quelques biscuits. Mais pour ce midi, j’ai amené un petit plat préparé et des yaourts.

Samedi 6 décembre : soleil et bonnes résolutions

Journal de bord 1401907704joe2h-300x300Ce matin, malgré un petit froid mordant, il faisait grand soleil. Je suis donc allée monter à cheval comme chaque samedi. Puis repas à peu près raisonnable : poulet accompagné de petites pommes de terre, une toute petite part de gâteau au yaourt. Puis j’ai pris une bonne douche et je me suis pesée. Et là, catastrophe : j’ai grossi d’un kilo alors que je suis sensée au contraire perdre du poids. Je ne me laisse pas abattre pour autant. Et je suis partie travailler. Pour mon petit creux de 19 heures, j’ai avalé un petit Yopa, vous savez ces yaourts un peu consistants qui sont sensés coupés la faim. Une petite mandarine à 22 heures, pour le moment, ce n’est pas trop mal. Reste à ne pas craquer ce soir en rentrant du travail vers  o h 45. Bon, on verra.

Mardi 9 décembre : rendez-vous

file000786402730-300x225Ça y est.  Après le rendez-vous chez le chirurgien pour la pose éventuelle d’un anneau, cette fois, hier, j’ai rencontré la psy et la diététicienne. Passage obligé pour savoir si je suis ou non motivée par une opération chirurgicale. J’ai donc raconté ma vie à la psy, les passages compliqués, les régimes à répétition, les enveloppements successifs tels un oignon qui se se prépare à passer l’hiver. Puis je suis passée voir la diététicienne. Et là pas de régime miracle, ni de privations excessives, juste une réorganisation de mes repas. Il va falloir que je m’organise pour préparer à l’avance mon fameux repas du soir, à minuit, pour éviter que je ne me jette sur n’importe quoi. Quant aux traditionnels petits biscuits avec mon thé du soir, ils ne me sont pas complètement interdits. il faut juste que j’arrive à en diminuer le nombre. Est-ce que c’est faisable. Réponse dans les prochains jours. En tout cas, je repars reboostée.

Pour mieux y arriver, je me suis donnée deux buts : faire un stage d’endurance (il faut pour cela peser moins de 90 kilos) et avant d’être trop vieille, aller faire une randonnée en Mongolie et là encore, les petits chevaux ne peuvent pas porter des personnes de plus de 100 kilos, poids avec les habits compris, voire les appareils photos. Soit en gros, descendre à 90 kilos. Et puis, si je perds du poids, j’y gagnerai en mobilité. En revanche, pour atteindre ce but, en plus du régime, il faudrait que je me mette au sport. Il faut que je fasse une demi-heure de sport par jour en plus des deux heures d’équitation hebdomadaires. C’est là que cela se complique. Que faire et quand ? Mes journées sont bien remplies et marcher avec mes problèmes de ménisque et de talonnade (douleurs au talon), cela va être compliqué. L’idéal serait d’aller à la piscine, car dans l’eau, les souffrances physiques disparaissent. Mais avec mes horaires de travail, c’est difficilement conciliable. Bon, je vais réfléchir.

Mardi 16 décembre : rien de neuf

Il y a déjà près d’une semaine que je n’ai rien écrit. Il faut dire que je n’ai pas grand-chose à raconter. Mon poids est stable. Je ne me suis pas pesée pendant quelques jours, espérant un miracle. Mais non, rien. Pas de miracle. Pas de perte de poids. Pourtant, j’ai l’impression de faire très attention, de ne pas manger de manière intempestive. Mais je ne vois aucun changement. Pas question pour autant de se décourager. Allez, on y croit !

En revanche, à part monter à cheval, je n’ai pas fait un autre sport. Il faut dire que je n’en ai guère eu le temps. J’ai l’impression d’être toujours fatiguée. Bon, il est vrai que j’ai des horaires décalés et avec l’hiver, c’est plus dur.  Oui, il faut vraiment que je me reprenne en main!

Mercredi 7 janvier : tristesse

07844089-photo-je-suis-charlie_0Après l’attentat perpétré contre Charlie Hebdo, je suis infiniment triste. Mes propos pour tenter de maigrir m’apparaissent bien dérisoires. Je suis vivante. Aujourd’hui, dans ma campagne, je suis bien loin de tout cette agitation médiatique, mais mon coeur saigne.  Et je suis loin d’être indifférente. Alors vous confier mes petits problèmes pour perdre quelques grammes de plus me semble bien superficiel. Demain, sans doute, reprendrai-je la plume et je repartirai dans ce combat contre les kilos, mais aujourd’hui, Je suis Charlie.

Vendredi 20 février : reprise en main

Bon, ça y est : après un long désert, je reprends ma vie en main. Une semaine de repos : j’en ai profité pour commencer le 15 février par un concours de dressage à cheval et ma foi, je ne suis pas trop mécontente de mes deux reprises, même si je peux faire mieux. C’était le jour de mon anniversaire et mes filles m’ont offert un plot. Super.

Le lendemain, lundi, j’avais rendez-vous avec la diététicienne à l’hôpital et nous avons remis les choses au point : il faut que je fasse très attention au repas du soir. Il faut que je le prévois à l’avance pour ne pas sombrer et tomber dans mes vieilles habitudes : pain et fromage, petits gâteaux…

Ensuite j’avais rendez-vous pour une séance appelée « Représentations ». En fait, c’est comme une séance des alcooliques anonymes. Chacun se présente et explique comment il voit l’obésité. Nous étions quatre femmes. Chacune a expliqué ses problèmes avec l’obésité. Pour certaines, l’obésité est synonyme de perte de confiance en soi. Certaines n’osent plus faire de sport, s’interdisent d’aller à la piscine par exemple, de peur de montrer leur corps. Une autre n’ose pas aller au Mac Do à cause du regard des autres. Je dois avouer que moi, je suis plutôt à l’aise avec mon obésité. Je vais à Mac Do, je monte à cheval et le regard des autres ne m’empêche pas de faire ce dont j’ai envie. J’ai plutôt de la chance. Je crois que les gens m’acceptent telle que je suis parce que je le vis bien, du moins en apparence. En fait, le seul moment où je déprime à cause de mon poids, c’est quand j’ai besoin d’un nouveau pantalon ou d’une nouvelle veste et que je dois faire les boutiques. C’est le seul moment où je me vois « grosse ». Le reste du temps, je n’y pense même pas. En tout cas, cela fait du bien d’en parler avec d’autres personnes dans le même cas que moi.

Jeudi, je suis allée à un cours « d’exercices physiques ». Là encore, nous étions quatre femmes. Nous avons fait des exercices avec un gros ballon.  Je suis plutôt à l’aise. Il est vrai que de monter à cheval me fait faire de l’exercice et  je suis restée relativement souple malgré mon poids. En revanche, j’ai du mal avec mon souffle et il faut absolument que je reprenne la marche. Nous devions aller à la piscine ce matin, mais je me suis réveillée trop tard. Ce n’est que partie remise car c’est indispensable. Il faut que je retrouve le chemin des bassins. Camille, ma fille, est prête à m’aider et à m’accompagner.

Ensuite, nous avons fait une demi-heure de sophrologie et là, honte sur moi, j’ai failli m’endormir. J’ai perdu pied. Je me suis même entendue ronfler, c’est ce qui m’a réveillée. Mais la voix douce m’emportait. Il faut dire que j’ai beaucoup de sommeil en retard. De plus, j’ai quelques problèmes au travail et cela m’empêche de dormir. Un coup de téléphone de mon chef et un mail pour un nouveau rendez-vous, rien de tel pour vous « pourrir » les vacances.

Voilà pour les nouvelles, cette fois, petit blog, je ne t’abandonne plus.

Dimanche 8 Mars 2015

Il est une heure et demie du matin. C’est la journée de la femme et j’en ai gros sur le coeur. Depuis deux semaines, je multiplie les exercices physiques : cours du jeudi en fin d’après-midi, concours de dressage, marche dans la boue, tour du pâté de maisons à pied. Mais je ne maigris pas. Pire, je me demande si je ne grossis pas.

Il faut dire aussi que je suis très stressée. Mon chef cherche à m’écarter. Je suis son caillou dans la chaussure. J’ai la fâcheuse manie de dire toujours ce que je pense et ce n’est pas forcément bien vu. Dans ce milieu, il faut savoir louvoyer, mentir, déformer la vérité… Alors forcément, je dépare. De plus, je pense qu’il sent le vent tourner et qu’avant lui-même d’être destitué, il veut régler ses comptes.  Il veut me renvoyer là où j’ai démarré, il y a plus de 20 ans. Bien sûr, il sait enrober tout cela d’un beau papier cadeau, me lançant quelques fleurs au passage. Mais je suis insensible à la flatterie. Il pense m’endormir en me vantant les mérites d’un retour sur le terrain. Il oublie que j’ai juste 20 ans de plus et 30 kilos en plus, ces fameux kilos que je cherche à perdre. De qui se moque-t-on ? Et il ose parler d’évolution de carrière. C’est si drôle que j’en éclaterai de rire, si je n’étais aussi affectée par cette mutation. Pour moi, cela représente un changement total de vie : mes matinées sont hyperorganisées : petit-déjeuner anglais, équitation le mercredi et le samedi, sachant que normalement je ne commence à travailler qu’en fin de matinée pour finir tard le soir vers 23 heures.

C’est un tout autre rythme qu’il me faudra prendre et cela m’angoisse. J’y perdrai également en qualité de vie.

Bref, comment voulez-vous que je maigrisse quand je perds le sommeil. Je crois que si j’avais du chocolat, je pourrai sans peine en manger toute une tablette. Bon, il faut quand même que j’aille me coucher d’autant que dans quelques heures, je vais à la piscine avant d’embrayer sur une longue journée de travail.

Mardi 24 mars : cafard

Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher d’avoir le cafard. Rassurez-vous, je ne me suis pas vengée sur la nourriture. Enfin, pas encore. La jument que je monte a une tendinite et je crains que ma saison de concours ne soit compromise. J’en suis même sûre. Il lui faudra un minimum de trois mois pour se remettre, si toutefois, elle s’en remet. Donc les concours de dressage programmés sont finis. Dommage, je commençais à vraiment y prendre plaisir et à progresser.

Côté régime, j’aurais plutôt grossi. Juste un petit kilo, mais tout de même. Alors que j’avais l’impression de m’être affinée. D’après Isabelle*, la nutritionniste, j’aurais remplacé la graisse par du muscle, ce qui expliquerait la prise de poids. Et c’est vrai que j’ai l’impression d’être plus à l’aise dans mes pantalons, moins serrée.

Hier, nous avions une réunion sur les sentiments et la nourriture.  Chacune  de nous a pu parler librement de ses rapports avec la nourriture, ce qu’elle ressent avant, pendant et après avoir grignoté.

*Nom d’emprunt

Manque

Nous devions choisir trois photos illustrant notre état d’esprit pendant ces trois phases. J’ai choisi comme première photo un homme se faisant un rail de coke. Pourquoi : tout simplement parce qu’il m’arrive d’être complètement accro au sucré, tout particulièrement en cas de stress ou de cafard. Et là, je suis véritablement comme une droguée, j’ai un manque et je peux manger n’importe quoi même ce que je n’aime pas. Le plus souvent, c’est vers 19 heures au travail que j’ai ce manque, quasi intolérable. Généralement, je le comble avec un petit yaourt.

Comme deuxième photo, j’ai choisi des personnes parlant gaiement. Tout simplement parce que quand je mange, je me sens bien. Je me délecte.

Comme troisième photo, j’ai opté pour une jeune femme souriante, assise à son bureau et téléphonant. Quand j’ai mangé mon petit yaourt, je suis apaisée et en plus je sais que je n’ai pas fait un gros accroc à mon régime.

Colère

Mais comme troisième photo, j’ai aussi choisi une jeune femme manifestant, le poing levé, visiblement en colère car elle illustre l’autre facette de moi. Quand j’ai mangé autre chose que mon yaourt, par exemple des gâteaux ou encore du chocolat, je suis en colère contre moi-même. Je culpabilise. Je m’en veux, mais il est trop tard.

En discutant avec les autres, je me rends compte qu’on vit la même chose. Manger comble un vide : vide affectif, mais manger, notamment des aliments sucrés, sert aussi à évacuer le stress, la colère. Cela procure sur le coup un sentiment de bien-être, de plaisir… souvent vite remplacé par la culpabilité, le dégoût de soi.

Mercredi 25 mars

Ce matin, je suis allée monter à cheval. C’est aussi pour moi une autre manière d’évacuer la colère, le stress. Vous me direz alors : pourquoi avoir tant grossi ?

Pendant la période où je vivais en couple, je ne montais plus à cheval ou alors très épisodiquement, cela a duré un peu plus de onze ans.

A la naissance de ma première fille, je me suis trouvée complètement débordée : mon travail était très prenant et c’était avant la loi sur les 35 heures. Je travaillais jusqu’à minuit, j’habitais à 50 km de mon travail. Et j’avais l’impression de ne pas avoir assez de temps à consacrer à ma fille.

Du coup, tous mes temps libres, je les passais avec elle.

Puis nous avons déménagé et j’ai habité un peu plus près de mon travail une quarantaine de kilomètres. Mais j’étais toujours aussi débordée et je n’avais guère de temps à me consacrer. Puis ma seconde fille est née et le rythme à la maison était infernal : je me levais très tôt pour emmener les filles à l’école, puis je partais au travail pour ne rentrer que vers 23 heures.

20 jours de congés en plus

Les 35 heures sont arrivées et là, nous avons gagné une vingtaine de jours de congés en plus. Puis je me suis séparée de mon compagnon, et j’ai déménagé pour habiter plus près de mon travail. Le temps de tout mettre en place, d’aménager la maison, de faire les travaux et une fois tout en ordre de bataille, j’ai enfin décidé de me remettre en selle. Mais entretemps, j’avais pris 30 kilos.

Bien sûr, tout au long de ces années, j’ai fait mille et un régimes, tous plus désastreux les uns que les autres. Et il était trop tard.

Malgré mes kilos, j’ai retrouvé le plaisir de monter à cheval. Bien sûr, je n’avais plus la souplesse d’antan et ayant en charge une famille, je ne sautais plus de peur de tomber et de me blesser. Mais à cheval, j’oublie tout. Voilà trois ou quatre ans, j’ai décidé de faire du dressage, de sortir en concours. Sauf que je voulais d’abord maigrir pour ne pas être ridicule.

Se donner les moyens

N’y arrivant pas, l’an passé, je me suis lancée et j’ai fait un premier concours de dressage, qui m’a confortée  dans mon envie de poursuivre. Et c’est là que j’ai décidé d’intégrer ce programme d’amaigrissement. Il me reste encore quelques années avant de devoir arrêter définitivement de monter. Il faut que j’en profite.

Cette fois, j’ai aussi décidé de me donner les moyens de maigrir et je ne ménage pas ma peine entre les exercices physiques et mes repas un peu plus organisés.

J’espère que cette fois, j’arriverai enfin à un résultat satisfaisant. De toute façon, qui ne tente rien n’a rien.

Lundi 31 août 2015

Aujourd’hui, je reprends le travail après un mois de vacances. C’est la première fois que je prends un mois complet depuis 20 ans. J’avoue que j’en avais besoin. Ma mutation en juin dans une petite ville du Nord-Sarthe a été pour moi une grosse gifle. Et aujourd’hui encore, j’ai du mal à m’en remettre. Du coup, j’ai emmagasiné beaucoup de stress et de colère.

En juillet, pendant les quelques jours de repos pris pour rencontrer mes copines de fac, j’ai été malade. Je n’étais que l’ombre de moi-même. Je souffrais de douleurs dans le bas-ventre. J’ai repris le travail, mais les quinze derniers jours avant les vacances ont été terribles. J’étais particulièrement énervée. Je faisais des cauchemars. Mais finalement, je ne me suis pas arrêtée et en bon petit soldat, j’ai continué à travailler jusqu’au bout. Et pourtant ! J’en veux terriblement à mon chef. Cette mutation, qui soi-disant devait me permettre de « décompresser » parce que c’est bien connu « les cadres sont particulièrement mis à contribution », est pire que tout. Travailler dans une locale est particulièrement stressant. C’est un poste qui convient à un jeune en début de carrière, capable de se donner à 100% à son travail. Pour moi, c’est carrément l’enfer. En plus, toute ma vie est chamboulée.

En juin et juillet, je n’ai quasiment pas eu le temps de monter à cheval.  Je suis donc partie en vacances sur les rotules. Et deux jours plus tard, en voulant poser la selle sur le dos de mon cheval, je me suis fait un tour de rein. J’ai ressenti une douleur fulgurante dans le dos. Résultat : une visite chez le médecin et une semaine où je n’ai rien fait. Décidément, les vacances commençaient bien.

Praia

La deuxième semaine de vacances, nous sommes parties (mes deux filles et moi) à Praia, la capitale du Cap Vert. La forme est revenue petit à petit. Nous avons beaucoup marché et cela m’a permis de décompresser. Rien de tel que l’Afrique pour réapprendre à prendre le temps de vivre. L’île de San Antonio est peu touristique. Du coup, pour se déplacer, il n’y a guère que les taxis-brousse (aluguers) et il faut attendre que le taxi soit complet pour partir. Il nous a fallu parfois patienter plus de deux heures avant de prendre le départ et cela remet les pendules à l’heure. Bref, ce séjour m’a fait beaucoup de bien. De retour en France, j’ai pu remonter à cheval, ce qui a été très bon pour le moral.

Côté kilos, je n’ai pas grossi même si je n’ai pas maigri. Je pensais avoir perdu du poids car au Cap-Vert, j’ai beaucoup marché. Mais bon, la bonne nouvelle, c’est que je n’ai pas pris de kilos. C’est déjà un bon point. Maintenant, je suis prête à repartir du bon pied. Côté travail, je vais essayer de prendre plus de recul et de moins stresser, même si je reste toujours très en colère. Toutes ces bonnes résolutions vont me permettre, je l’espère, d’atteindre mon objectif : maigrir pour pouvoir aller faire une randonnée équestre en Mongolie.

Vendredi 2 octobre 2015

Comment vais-je aujourd’hui ? Sans doute pas aussi bien que je le souhaiterais après un mois de septembre harassant et angoissant. L’angoisse de la page blanche, l’angoisse de ne pas trouver des sujets pour remplir ma page. Résultat : bien qu’ayant repris le cheval, je me sens essoufflée. Je n’ai pas maigri. J’ai même repris un peu de poids. Je mange n’importe comment. Il m’arrive même de ne pas m’arrêter de travailler en mangeant le midi. Je stresse. Heureusement, ma collègue est rentrée mardi de vacances et ce mois-ci, nous allons avoir quelques jours en doublon. Même si je ne vais pas pouvoir souffler, elle va m’apporter des idées. Et ce sera moins dur. Mon rédac-chef a été muté.  Comme je m’en doutais, il a fait le ménage avant de partir. Mais je crains que mon sort ne reste scellé à cette petite ville car, même si nous avons un nouveau rédac-chef, il ne pourra pas me remuter. Ce serait un acte de désaveu par rapport à son prédécesseur d’autant que ce dernier reste dans le groupe. Il faut donc que j’apprenne à vivre ici . Mais une chose est certaine, je suis exilée, bafouée et il n’est pas question que j’aille à aucune des grand-messes organisées au siège. Aurais-je assez de force pour ne pas céder ?

Une chose me réconforte tout de même. Pour la première fois, aucun cadeau n’a été remis à notre rédac-chef pour son pot de départ. D’ordinaire, une enveloppe circule mais pas cette fois. D’ailleurs, je ne me suis même pas déplacée pour ce pot de départ.

Tous ces événements me perturbent plus que de raison. Je suis marrie. J’ai oublié l’anniversaire d’une amie. Elle est née le même jour que ma fille, à quelques années d’intervalle, et pourtant, cette fois, je ne lui ai pas souhaité son anniversaire. Je viens de m’en rendre compte et cela me rend triste.

Mardi 29 décembre 2015

Après avoir pris quelques jours de vacances à Noël, j’ai repris le travail. Une fois de plus, de terribles maux de ventre sont apparus deux jours avant la reprise : l’angoisse, la peur de la page blanche. Et toujours cette colère rentrée !

Cela va faire 7 mois que je suis revenue dans cette petite rédaction du Nord-Sarthe et je n’arrive toujours pas à m’y faire. Le dernier jour des vacances a été terrible. Ma fille aînée, en pleurant, m’a avoué que depuis que j’étais en locale, j’étais devenue infecte à la maison, invivable, irascible. Je me rends bien compte que je suis complètement renfermée sur moi-même, je n’arrive plus à faire la part des choses. Je vis repliée sur mes problèmes. En fait, je fais une mini-dépression. Je n’ai envie de rien.  Tous les sujets que j’ai à traiter m’ennuient. Je n’y trouve plus aucun plaisir. Et j’en veux toujours terriblement au rédac-chef ! Ce que j’ai vécu, ces dernières années, n’est ni plus ni moins du harcèlement moral. Cela me mine et me démolit encore maintenant car il a su instiller son poison en m’exilant. Mais cette colère a un effet bénéfique, elle me permet de tenir même quand comme aujourd’hui, je me sens vidée, malade. Mais je suis triste pour mes enfants. Je suis un mauvais exemple. Je devrais me réjouir d’avoir un travail, y aller en ayant la pêche. Avant quand j’arrivais au travail, j’étais heureuse, je riais, j’étais contente de revoir mes collègues. Le travail était un jeu pour moi. Je m’y épanouissais. Maintenant, j’y vais à reculons, avec cette angoisse qui me tenaille.

Une fois encore, une grand-messe aura lieu début janvier, une fois encore, j’en ferai l’abstraction. Dans mon goulag, je me terre. On a voulu m’exiler et bien, pas question, d’aller à ces réunions où de toutes façons, l’on n’apprend rien si ce n’est quelques généralités. Nos dirigeants nous flattent, histoire que l’on continue d’avancer en bons petits soldats. Ce n’est pas encore le management à l’américaine, mais l’on y vient. Ne nous laissons pas piéger par ces belles paroles. Décidément, je deviens dissidente !

Championnats de France

Et mon poids dans tout cela. Eh bien, figurez-vous que je n’ai pas grossi. J’aurais même maigri. Ce n’est pas encore très probant. Mais il y a du mieux ! Depuis octobre, j’ai repris les cours de gymnastique adapté pour femmes rondes. Je continue bien sûr de monter à cheval. En 2016, j’envisage même de faire les championnats de France de dressage. Allez, il faut bien se lancer. Et même si je n’arrive pas à maigrir, j’irai quand même, sans honte. Si j’attends d’avoir un corps de rêve, je risque de ne jamais y parvenir. Il faut se lancer des défis.

Colère : le 11 mars 2016

Je ne décolère pas. De qui se moque-t-on ? J’apprends aujourd’hui que je dois passer un entretien, soi-disant obligatoire! A quelle évolution de carrière puis-je bien prétendre, moi l’exilée !

Faut-il tout recommencer depuis le début ? Il est vrai que je suis maintenant à un poste de débutant que d’ordinaire l’on confie à de jeunes journalistes. Et en plus, cet entretien aurait lieu avec la seule personne qui a fait semblant de tout ignorer quand j’ai quitté la rédaction principale ! Mais vraiment, là, on se moque de moi. Je suis furieuse. Et pendant tous ces mois de détresse, de mal-être, m’a-t-on proposé le moindre entretien ? C’est du n’importe quoi et il fallait que je me défoule en l’écrivant sur mon petit blog.

Dimanche 10 avril 2016

Quelle triste fin de carrière ! Aujourd’hui, je me sens bien esseulée, toute seule dans ma rédaction, sans idées, sans envie. Je viens de faire une vingtaine de kilomètres en voiture dans la campagne à la recherche d’idées et de photos. Je me sens lasse. Je suis toujours aussi énervée, et cet énervement se traduit par une déprime et une grande tristesse.

Je suis odieuse à la maison. Je ne sais plus où j’en suis. Heureusement que je continue de monter à cheval. Quand je fais de l’endurance, j’oublie tout. Je ne pense plus qu’au plaisir d’être à cheval, de ne faire plus qu’un avec Clairvoyance, ma jument. Je prends le temps de savourer ces moments d’exception, en pleine nature.  Il y a quinze jours, j’ai fait une course au Lion-d’Angers avec mes deux filles, un pur moment de bonheur. Nous avons chevauché entre des massifs de jonquilles, des bras de rivières. Nous avons traversé de petits ponts, aperçu de superbes demeures. Oui, c’était vraiment agréable et ces moments me font oublier ces longues journées où rien ne se passe, où j’angoisse non pas devant la feuille blanche, mais devant la difficulté à trouver des sujets. Oui, vraiment, ce n’est plus de mon âge !

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